
« Jamais les femmes n’ont été aussi proches d’être libres et égales aux hommes. Et jamais le fossé qui les en sépare n’a semblé aussi grand » a déclaré Nicolas Sarkozy à l’occasion de la convention que l’UMP a consacré aux Femmes, le 7 mars 2006, à la veille de la Journée internationale des femmes.
| Bon point pour l’UMPLe Président de l’UMP s’est félicité de nombre croissant des femmes parmi les nouveaux adhérents du mouvement, 42% contre 29% auparavant. |
Il a rappelé que « les femmes subissent des discriminations, mais partent aussi avec des handicaps, notamment en matière de diplômes ou de formation ». Par ailleurs, la double voire la triple journée qu’elles doivent mener dans certains cas pour combiner vie professionnelle, vie de mère de famille et vie de femme, ne facilite pas non plus leur carrière professionnelle et l’accès aux responsabilités.
Préserver les droits et les libertés des femmes
Le Président de l’UMP a fait part du constat très médiocre de la situation des femmes malgré des « progrès incontestables » accomplis depuis 60 ans.
Il a rappelé que plusieurs des droits et libertés des femmes sont menacés en France aujourd’hui, qu’il s’agisse :
- des violences physiques, sexuelles ou psychologiques que subissent les femmes : 50 000 femmes sont victimes de viols chaque année ;
- des délais imposés pour l’avortement, faute de personnel et de moyens suffisants, alors que l’avortement est déjà un drame pour les femmes qui le vivent ;
- de la prostitution : Nicolas Sarkozy a ainsi rappelé qu’il faut poursuivre « la lutte contre les réseaux de prostitution et aider les victimes à dénoncer leurs proxénètes et permettre leur réinsertion » ;
- de l’accès à la contraception pour certaines jeunes filles, notamment celles vivant dans les banlieues ;
- du mariage forcé, de la polygamie et de l'excision. Il a souligné que « le message de l'UMP est parfaitement clair : il n'y a pas "d'excuse culturelle" ».
Le Ministre de l’Intérieur a précisé que dans le projet de loi sur l'immigration prochainement présenté au Conseil des ministres, le contrat d'accueil et d'intégration qui sera rendu obligatoire pour tous les étrangers qui souhaitent s'installer en France comprendra une information précise sur les droits des femmes tels qu'ils s'appliquent en France. « Le contrat sera obligatoire pour les épouses, mais aussi pour les maris. Et la méconnaissance de nos principes républicains entraînera un refus d'installation en France ».
Nicolas Sarkozy a proposé une orientation de la médecine scolaire sur « la prévention de ces situations et l'information des jeunes filles ».Il a affirmé qu’il faut « profiter de l'accueil des jeunes enfants pour accompagner les mères » en leur proposant une alphabétisation, veiller à ce qu’elles apprennent à exercer leur autorité parentale.
Enfin, il a rappelé la nécessité de « créer des internats de réussite éducative et des lycées expérimentaux d'excellence » pour permettre aux jeunes filles de réussir des études ambitieuses.
| ZOOM SUR la lutte contre les violences faites aux femmes L’action du plan de prévention de la délinquance et du projet de loi à venir aura trois dimensions : - une répression plus ferme, avec notamment la création d'une circonstance aggravante d'habitude, qui viendra compléter des mesures déjà en cours d'adoption par le Parlement ; - une meilleure prise en charge des victimes avec la présence de psychologues et de travailleurs sociaux dans les services de police et de gendarmerie. - la prévention. Le procureur de la République aura la possibilité d'éloigner immédiatement du domicile le conjoint violent. Des injonctions de soins pourront être prescrites dès la phase pré-sentencielle. La proposition de loi sur les violences faites aux femmes et aux mineurs, qui est actuellement en cours de discussion, renforce la lutte contre les mariages forcés, l'excision et d'autres formes de violence subies par les femmes immigrées ou issues de l'immigration. En savoir plus : Proposition de loi visant à assurer le respect des droits des femmes et à lutter contre les violences conjugales et le sexisme, présentée par Yvan Lachaud |
Egalité professionnelle hommes-femmes : encore des progrès à faire
Les femmes ont tout pour être l'égal des hommes dans la vie professionnelle.
Après avoir rappelé que la plupart des femmes ont toujours travaillé et ce depuis longtemps, que les Françaises sont « en Europe celles qui travaillent le plus et font le plus d'enfants » et qu’il existe « des lois qui prévoient et organisent l'égalité professionnelle entre les hommes et les femmes » ainsi que des sanctions, le Président de l’UMP a souligné pour les dénoncer les inégalités professionnelles qui demeurent dans notre pays. « La première demande des femmes, c'est qu'on garantisse l'égalité professionnelle » a-t-il déclaré. Or, le salaire moyen des femmes reste inférieur de 40% à celui des hommes, en comptant tous les emplois, y compris ceux à temps partiel. 11% des femmes occupent des emplois précaires, contre 6% des hommes. 30% des femmes sont à temps partiel contre 5% des hommes. Et les femmes ne représentent que 10% des PDG d'entreprise. Il a estimé nécessaire de faire appliquer la loi Génisson de 2001, qui oblige les entreprises à engager des négociations collectives sur ce sujet. Agir sur les raisons structurelles à l’origine de ces différences est indispensable. Cela passe tout d’abord par le choix des emplois exercés. La réforme de l'orientation scolaire que préconise l’UMP doit contribuer à supprimer les stéréotypes sur certains métiers. Par la suite, la formation professionnelle continue « doit permettre de redresser les écarts de compétences et de diplômes entre les hommes et les femmes ».
L’UMP propose à cette fin « que les entreprises soient tenues de consacrer à la formation professionnelle des femmes une somme proportionnelle au taux de féminisation de l'entreprise ».
Par ailleurs, la maternité ne doit pas dissuader les entreprises d’embaucher et de promouvoir les femmes. L’UMP propose ainsi que « le congé parental soit partagé entre le père et la mère » et d’en assouplir les modalités. Mais ceci n’empêche pas que « les interruptions de carrière, le temps partiel et parfois le renoncement des femmes à leurs ambitions initiales pour mieux s'occuper de leurs enfants pénalisent l'évolution de leur parcours professionnel ».
Comment concilier vie professionnelle et vie familiale des femmes : questions sans tabouNotre société doit être assez souple dans son organisation pour répondre à la diversité des situations que connaissent les femmes, celles qui travaillent comme celles qui ont fait le choix de se consacrer à plein temps à l’éducation de leurs enfants. Nicolas Sarkozy a rappelé que le politique devait se garder de « porter des jugements de valeurs sur les choix de vie que font les uns et les autres ».
Parmi les mesures qui peuvent aider les femmes à assumer leur double, voire leur triple journée, et qui peuvent garantir le libre choix des mères d'interrompre ou de continuer leur activité professionnelle, l’UMP propose de développer les divers modes de garde et de- solliciter davantage les entreprises, qui ont tout intérêt à avoir des crèches pour leurs salariées.
L’UMP propose en particulier que « les comités d'entreprise soient autorisés à consacrer la part qu'ils reçoivent actuellement des entreprises au titre de leurs dépenses de fonctionnement (0,2% de la masse salariale) à l'ouverture de crèches » ;- prévoir suffisamment de places en crèches pour les agents dans les administrations ;- augmenter le nombre de places en crèches publiques et en assouplir les horaires ;- permettre aux « anciennes mères de famille qui le souhaitent de travailler dans des crèches ou de rejoindre les métiers des services à la personne grâce à la validation des acquis de l'expérience ».
Favoriser l’ascension des femmes aux postes de responsabilité.
La « tendance naturelle des décideurs à reproduire les modèles existants » et « la représentation négative » que certains d’entre eux se font encore de la femme expliquent en partie que l’ascension professionnelle des femmes soit encore trop souvent interrompue en cours de carrière. L’UMP propose que « les jurys de concours dans la fonction publique soient paritaires » et que « pour chaque nomination à un poste important de la fonction publique », la candidature d'un homme et d'une femme soit systématiquement. Rappelons par ailleurs que le projet de loi sur l'égalité salariale entre les femmes et les hommes prévoit l'obligation pour les entreprises, d'ici cinq ans, d'avoir au moins 20% de femmes dans leur conseil d'administration.
Lutter contre la précarité et la pauvreté qui touchent les femmes
| Quelques chiffresLes femmes représentent 80% des travailleurs à temps partiel, 80% des emplois non qualifiés, 80% des salaires inférieurs ou égaux au SMIC et 80% des chefs de famille monoparentale. S’agissant des femmes à la retraite, leur pension moyenne est inférieure de 42% à celle des hommes. Toutes les enquêtes le montrent, le travail à temps partiel et les interruptions d'activité sont subis pour une majorité de femmes, et notamment pour celles qui sont les moins favorisées. |
L’UMP propose plusieurs mesures pour aider les femmes à sortir de la précarité et à retrouver des emplois à temps complet, meilleur moyen de garantir leur autonomie. Il faudrait « engager un programme spécifique de retour à l'emploi des bénéficiaires de l'API ». Parallèlement, il conviendrait « de les aider à retrouver un emploi en les confiant aux organismes de placement les plus performants ». L’accès à la formation professionnelle continue des femmes en situation précaire devrait être prioritaire.
Les femmes en politique : des déclarations aux actes
| Quelques chiffresLes femmes représentent 11% des maires, 12,3% des députés, 16,9% des sénateurs, un tiers des membres des organes nationaux de décision des partis politiques. |
En politique, « la légitimité découle du suffrage universel et le suffrage universel se gagne sur le terrain » a rappelé le Président de l’UMP. Or, il est très difficile pour les femmes font déjà une double, voire une triple journée d’être présentes constamment sur le terrain.Nicolas Sarkozy a défendu la loi sur la parité expliquant que sans elle, la situation n’aurait pas changé. Il a néanmoins rappelé que cette loi est « loin de lever tous les obstacles » de l’accès des femmes aux responsabilités politiques.
Nicolas Sarkozy a donc pris plusieurs engagements.
- renforcer la présence des femmes dans les instances dirigeantes de l'UMP
- présenter 30% de candidates aux prochaines élections législatives et 50% de femmes candidates ou suppléantes.
- maintenir voire alourdir les sanctions financières pour insuffisance de candidates et « créer en plus un bonus pour toutes les femmes élues à l'Assemblé nationale. C'est un système qui poussera à présenter des femmes en position éligible » a déclaré le ministre.
- étendre les obligations de parité aux communes de 2 500 à 3 500 habitants. « Conformément aux annonces du Président de la République, [ces obligations] s'appliqueront aux exécutifs des régions, de certaines communes et des structures intercommunales ». Le Président de l’UMP a également proposé « de doter les conseillers généraux de suppléants de sexe opposé afin de favoriser l’implantation locale de femmes ».



