
Alain Marleix
Secrétaire d'Etat à la Défense
Secrétaire national de l'UMP chargé des élections
Propos recueillis par l'AFP - jeudi 21 février 2008
L'impopularité du président Nicolas Sarkozy augure-t-elle d'une lourde défaite de l'UMP aux municipales ?
A chaque fois, on ressort le débat sur l'enjeu local ou national des municipales. La vérité, c'est que nous avons gagné ce scrutin en 1995, puis remporté 35 villes supplémentaires de plus de 30.000 habitants en 2001. Il peut y avoir un certain rééquilibrage, car le curseur est très haut, mais je suis raisonnablement confiant. Selon nos sondages et ceux de la presse, nous pouvons encore conquérir des villes dans le sud, dans l'est et dans le nord. Cela s'annonce plus difficile dans l'ouest, mais il reste deux semaines avant le premier tour, tout peut changer. Et même dans l'ouest, on peut gagner Angers, Saumur, Châtellerault notamment.
Ne craignez-vous pas cependant que l'on ne retienne que les résultats dans les plus grandes villes, notamment Paris et Lyon que la gauche devrait conserver, ou encore Strasbourg et Toulouse où elle est favorite?
Rien n'est joué dans aucune de ces villes, la campagne débute seulement. A Paris, tout n'est pas fait, puisque la majorité sortira d'une lutte qui est assez ouverte dans les 4e, 9e et 12e arrondissements notamment. D'autre part, Alain Juppé est bien placé à Bordeaux, comme Jean-Claude Gaudin à Marseille, et nous avons des chances de gagner la communauté d'agglomération de Lyon, la plus grande de France, comme celle de Lille si nous l'emportons à Tourcoing, et celle de Bordeaux. D'autre part, il sera d'autant plus difficile d'interpréter les résultats que nous avons réalisé l'ouverture presque partout, sans compter les seize villes dans lesquelles nous soutenons un candidat Nouveau Centre, les sept où nous sommes avec le MoDem et les vingt-cinq villes "divers droite" soutenues par l'UMP.
La droite risque-t-elle aussi de perdre des bastions aux cantonales?
Je pense qu'on ne parle pas assez de ces élections. Il ne faut pas oublier que les conseils généraux, c'est 50 milliards d'euros de budget annuel consacrés à la vie quotidienne des Français: l'action sociale, les routes, les équipements, les collèges, etc. Il y a un véritable lien entre les citoyens et leur conseiller général. Je suis moi-même candidat dans le canton de Massiac (Cantal). La droite a perdu, il est vrai, plusieurs départements en 2004, mais encore une fois rien n'est acquis. La gauche espère par exemple conquérir la Corrèze (fief historique de Jacques Chirac où le secrétaire national du PS François Hollande est candidat, ndlr), mais elle est loin d'avoir gagné la partie: on en reparlera... La droite est en mesure de reconquérir pour sa part cinq ou six départements.



